Le monastere de Lamayuru.

Après avoir visité le monastère de Likir je me mets en route pour visiter celui de Lamayuru, à une cinquantaine de km de là. Pour y aller je tente le stop. J’ai eu pas mal de chance avec ça, à chaque fois je n’attendais pas très longtemps. Je me plante au bord de la route, je m’assoie sur un gros rocher et j’attends. Il fait chaud, le soleil cogne fort! Au bout d’un moment je dois bien avouer que ma chance m’a abandonnée. En effet les voitures et autres 4/4 de touristes me passent devant sans sourciller. Pourtant les voitures ne sont pas pleines. Nonnnn il y a largement la place pour un nain de jardin comme moi!
Le pompon arrive lorsque une femme étrangère dans un van avec son chauffeur indien m’ignore royalement alors que je suis sur le bord de la route avec mon plus beau sourire, quoique un peu défraîchit à cause du cagnard ambiant sous lequel je suis en train de rôtir. Ça me dégoûte! Elle a cru que quoi? Que j’allais la braquer? Les gens sont vraiment super égoïstes, de vrais rats d’égouts internationaux. Quand je serai vielle et que j’abandonnerai les bus pour voyager en voiture, je m’arrêterai à chaque fois que je croiserai une nana qui fera du stop. C’est la moindre des choses! Les mecs c’est un peu plus délicat, c’est normal d’être méfiante. Et encore, avec un chauffeur indien il ne peut pas arriver grand chose! Bon après tous les gens ne sont pas comme ça, car beaucoup se sont arrêtés lors des jours précédents.
Après deux heures de rôtissage tel un poulet entrain de tourner dans un four sur une brochette ma chance revient sous l’apparence d’un bus. J’ agite frénétiquement les bras, le bus s’arrête. Il va dans la bonne direction mais il me restera à faire une quinzaine de km à parcourir par mes propres moyens. Le bus roule sur une petite route accrochée sur le versant d’une gorge où les cheminées de fées surplombent la rivière bleue turquoise qui serpente une centaine de mètres plus bas. Les roues du bus ne sont jamais très loin du précipice, une fois de plus il faut faire confiance au chauffeur!
J’arrive à Khalatse, un gros village où je dois continuer toute seule, le bus partant au nord alors que je vais au sud. Je me plante à la sortie du village et j’attends, en vain.  Tout le monde me passe devant sans même me calculer. Lasse je décide de continuer à pied et de me rendre au poste de police à quelques km de là, car selon le lonely planet c’est plus facile de faire du stop à partir de là-bas.
J’arrive à la station de police, je présente mon passeport et les flics me disent qu’ils vont m’aider à faire du stop pour aller jusqu’au monastère. Ils sont deux: un qui est sympa et qui a l’air réglo, un autre super louche qui commence à me brancher et à me poser plein de questions encore plus louches, d’ordre sexuel: et est ce que tu a un copain, et dans ton pays est ce qu’on peut coucher avec quelqu’un sans être marié, ça doit être super ça de pouvoir coucher avec quelqu’un sans être marié, et toi est ce que tu le fait ça? Et si tu veux je peux t’accompagner moi même au monastère avec ma voiture, pendant que mon collègue tient le poste, on a pas besoin d’être deux. Enfin bref vous voyez le genre, un sale pervers gros comme une maison. Heureusement que l’autre semble réglo. Toujours se méfier de la police! Bref je m’invente un fiancé qui m’attend au monastère mais ça ne refroidit pas les ardeurs du flic obsédé.
En plus de ça il y a pas mal de voitures qui s’arrêtent avec des possibilités de stop mais à chaque fois il n’y a que des mecs dans la voiture, alors non merci. Le mec me dit oui mais les israéliennes elles, elles montent avec tout le monde, dans n’importe quelle voiture! Oui mais moi je suis pas israélienne, je suis française comme c’est marqué sur le passeport que je t’ai montré, sale pervers. Enfin bref finalement il y a un mini bus rempli d’ une riche famille de Bombay qui passe par là, avec femmes et enfants, et un siège vide qui n’attend que moi! Le bon flic leur demande en hindi si je peux m’incruster, la famille est adorable et m’accueille dans son mini bus les bras grands ouverts. Je remercie le bon flic, je ne calcule même pas l’ obsédé qui fait une dernière tentative non mais tu sais avec ma voiture ça sera plus rapide…. Je saute dans le mini bus et c’est parti!
Le trajet d’une quinzaine de km se déroule une fois de plus dans des gorges, au milieu de montagnes ocres aux formes hallucinantes et spectaculaires, où les cheminées de fées poussent comme des champignons. On se croirait vraiment sur une autre planète, avec ces immenses crevasses et dunes de sables à perte de vue. J’ai vu des photos du robot qui était sur mars, ça m’a vraiment fait penser à ça! Une fois arrivée à Lamayuru je me mets en quête d’un hôtel. Selon le lonely planet il y en a un juste en face du monastère.
Le problème c’est que ce dernier est situé sur le sommet d’une colline où le village s’étale jusqu’en bas de cette dernière. Je réuni toutes mes forces et je commence l’ascension de la colline qui prend des allures d’ Everest quand on a vingt kilos sur le dos et qu’il fait une chaleur à faire cuire un œuf au plat sur un rocher en dix secondes. J’arrive en haut écrasée par le poids de mon sac, déjà que je suis un nain de jardin sous le fardeau de mon chargement on ne me voit presque plus.
Mais je suis récompensée par la vue de ma chambre d’hôtel, qui donne sur le monastère et les montagnes. Et en plus pour pas trop cher! J’ai du bien sûr négocier à mort avec le proprio, j’ai fait mine de partir en disant que je m’étais trompée d’hôtel et que ce dernier était sans doute bien trop cher pour moi, et après une âpre négociation la chambre est descendue de 1000 à 300 roupies. En plus y a l’eau chaude! Je sais que c’ est pas bien mais le soir je reste une bonne demi heure sous la douche. C’ est vraiment pas sympa pour la planète mais les gens qui voyagent me comprendront. Quand vous passez plusieurs semaines voir plusieurs mois sans eau chaude, que vous en trouvez et que vous ne savez pas quand sera la prochaine, vous avez tendance à vous moquer des conséquences néfastes pour la planète et à oublier toutes les résolutions écolos que vous avez adoptées pendant le voyage. Oui c’est pas bien mais c’est troop bonnnnn je plaide coupable et je me venge sur toutes les douches froides que j’ai prises ces derniers temps et qui prenaient un malin plaisir à me glacer le sang une fois par jour (le jour il fait très chaud mais le matin et le soir c’est une autre histoire).
Bref je vais rester plusieurs jours à Lamayuru. Le matin je me lève à 4h30 pour assister à la première puja de la journée. Dehors il fait encore nuit, pas de lumière car pas d’électricité. Je me dépêche car je suis en retard, dans la précipitation je calcule mal la distance qui me sépare d’un muret, conséquence je m’étale comme une grosse merde aux pieds d’un vieux moine qui est mort de rire. J’ai les mains et les genoux en sang, pour le coup là je suis bien réveillée! Je prie pour que le moine ne raconte pas ma honte internationale aux autres, mais en parano que je suis je ne peux pas m’empêcher de voir des moines qui rigolent en me regardant, pendant la puja. Cette dernière est très reposante, j’arrive à vider mon esprit quelques instants.
Régulièrement les moines boivent du thé qui est distribué par les plus jeunes d’entre eux, et ils m’en offrent aussi. A chaque fois que j’ai assisté à une puja en inde du nord j’ai toujours eu du thé, preuve que les bouddhistes sont super accueillants, même envers les touristes qui viennent assister à leur puja, armés de leurs gros appareils photos. Une fois j’ai même eu droit à une soupe!
Je me suis aussi baladée dans le village, et sur les hauteurs du monastère, où la vue sur la région est imprenable, avec les drapeaux à prières multicolores qui claquent au grès du vent, et Stairway to heaven de led zepplin qui résonne à fond dans mes oreilles car j’ai enfin trouvé de l’ électricité pour charger mon ipod.
Le dernier jour il y a un festival au monastère. Les moines s’affairent dans tous les sens, ils ont revêtu leurs plus beaux costumes, ont sortit tous les instruments… J’ai bien essayé de demander la signification du festival mais je n’ai rien compris, les moines parlant très peu anglais. J’ai cru comprendre que pendant longtemps une statue à l’effigie d’un dieu avait été cachée à l’abri des regards, entre des draps, dans la salle principale du monastère et que aujourd’hui  c’était le jour où les moines la sortait du monastère, enfin un truc comme ça. Qu’est ce que j’ai honte de mon ignorance!
Bref les moines se rassemblent et convergent en procession vers la vallée, prés de la rivière. Le joyeux cortège est suivi par les villageois qui se prosternent lorsque ce dernier passe devant eux. Une fois arrivée dans la vallée les moines se rassemblent tous en cercle, et le lama (moine supérieur) commence à prier à haute voix. Trois moines prennent quelque chose que je n’arrive pas à distinguer et vont vers la rivière, pour faire je ne sais quoi.
Une fois la cérémonie terminée, nous prenons tous la direction d’une espèce de théâtre en plein air où les locaux exécutent des danses ponctuées de chants. Des gâteaux et du thé sont distribués… Le spectacle conclu ma visite d’un des plus beaux monastères du Laddakh…
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Preparatifs du festival.
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Sur les hauteurs du monastere.
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La procession descend vers la vallee.
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Video des preparatifs de la procession.

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Les montagnes pres du monastere.
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La vue depuis ma chambre!
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Video d une danse dans le theatre en plein air.

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Les villageois se prosternent aux pieds du lama.
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Costume traditionnel des femmes laddhakis.
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Dans le theatre en plein air.
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