Tadjikistan: le Pamir et la vallee de Geisev.

Apres l’Ouzbekistan, le pays suivant sur mon parcours c’est le Tadjikistan! 
Comme les autres pays d’asie centrale ce petit pays faisait partie de l’URSS. A la chute de ce dernier dans les années 90 le Tadjikistan a proclame son indépendance. C’est aussi pendant cette période qu’une guerre civile fit 60 000 victimes dans le pays. De nos jours les Tadjiks pansent encore leurs plaies mais ont repris une vie normale malgres tout. 
Le pays est connu pour abriter une des plus belles chaines de montagne au monde, le Pamir, peut-être en avez vous entendu parler. 
Je vais rester quelques jours a Dushambe, la capitale. La bas il faut que j’aille faire mon permis GBAO, car pour accéder a la région du pamir il faut une autorisation spéciale, on peut pas y aller comme ça, car il y a l’Afghanistan juste a cote et la région peut être politiquement instable parfois.
A la guest house je retrouve Laurie et Chris, que j’avais rencontre en Iran, dans le village pourri dont je ne me rappelle plus le nom ou j’avais eu affaire a un sale pervers. Le monde est petit! Mais bon, pas tant que ça en fait, car tous les backpakers qui voyagent en asie centrale font le même parcours. Il y a aussi Monica, une nana de roumanie je crois, mais qui vit en australie avec un visa de 5 ans qu’elle a fait en se mettant avec un australien, mais la il ne sont plus ensemble.
Une fois mon permis dans la poche, je mets le cap a l’est. L’objectif c’est Khorog, le plus gros village du pamir. Un seul petit problème: le transport pour y aller. Au tadjikistan sur les longues distances il n’y a pas de bus publics. Il y a beaucoup de routes de montagnes complètement défonces. Du coup pour les longs trajets il n’y a qu’une seule solution: la jeep.
C’est ainsi que je me déleste de la modique somme de 40 euros pour me rendre dans le pamir. Ça fait bien longtemps que je n’avais pas paye autant pour du transport! La pilule est difficile a avaler mais a la fin du trajet je dois bien avouer que ce n’était pas du vol: le trajet a dure 17h, la route était bien défoncée, l’essence est super cher…
Ça me fait un peu marrer quand même car je repense aux trajets que j’ai fait en inde himalayenne, sur des routes 100 fois plus mauvaises qu’au tadjikistan, sur des distances encore plus grandes, avec le précipice a 5 cm des roues… et la bas il y a bien des bus publics a 5 euros pour 20h de trajet! Mais bon comme on dit, tout est possible en inde, j’imagine que tout n’est pas possible au tadjikistan.
Pendant les première heures du trajet nous allons rouler dans un paysage fait de collines verdoyantes a perte de vue. Des centaines de collines presque vertes fluo ou paissent des troupeaux de moutons et de chèvres sous la surveillance de leur berger. Les prairies sont parcemees de yourtes ou vivent les bergers nomades et leur famille.
Puis quelques heures plus tard les paysages changent et se transforment en montagnes.
Soudain la jeep débouche dans une gorge, ou la route serpente le long d’une rivière. Les passagers se tournent alors vers moi et me disent « Afghanistan, Afghanistan!! ». Waooo je n’en crois pas mes yeux!
De l’autre cote de la rivière c’est l’Afghanistan… Je n’aurai jamais cru qu’un jour mes yeux verraient ne serai ce qu’un millimètre de ce pays. Et pourtant, il est la, juste en face de moi! En fait la rivière marque la frontière entre les 2 pays.
Je n’oublierai jamais la vision de l’Afghanistan. Pas de Talibans qui nous attendent avec un lance roquette, prêts a viser notre jeep depuis l’autre cote de la rive. Cette région de l’Afghanistan est réputée pour être épargnée par la violence et les attentats. Le corridor de Wakhan n’est pas loin, c’est un petit morceau d’Afghanistan ou il n’y a pas de talibans et qui accueille des touristes. Mais bon j’y reviendrai plus tard.
Je n’ai pas pu prendre de photo car j’étais du mauvais cote mais je n’oublierai jamais cette première vision de l’Afghanistan.
Imaginez: vous avez une gorge, dont les falaises d’une centaine de metres (ou moins, mon cerveau deforme peut etre la realite) se jettent dans une riviere tumultueuse. Et sur la berge de la riviere les afghans vaquent a leurs occupations: un petit garcon qui essai de faire avancer un ane plus tetu qu’une mule, des femmes qui lavent leur linge, des enfants qui jouent, des bergers qui guident leur troupeau…
Nous suivons la riviere pendant plusieurs heures, avant de nous en eloigner pour atteindre Khorog. 
Les villages afghans se succedent le long de la berge. Tanto il n’y a qu’une seule maison, tanto  une dizaine. Ces dernieres sont faite de terre seichee. N’allez pas imaginer des villages qui croupissent dans la poussiere. Non au contraire chaque village, chaque maison est construite dans une oasis de verdure, avec plein d’arbres qui montent tres haut dans le ciel, ainsi que des champs verts irrigues grace a la riviere. C’est fou de voir ce contraste entre la roche et la montagne marron et les oasis vertes, quelques metres cote a cote. Parfois la gorge s’elargie et se transforme en vallee.
Plus tard la nuit tombe, et c’est a ce moment la que nous nous retrouvons coinces sur la route a cause d’un eboulement de terrain cause par la pluie qui est tombee les jours precedents. Un pan de route s’est effrondre est s’est transforme en mini torrent. Les 4/4 font la queue et tentent de passer. Un petit malin se croit plus fort que les autres et passe en trombe, sauf qu’il reste coince comme une truffe au milieu du mini torrent.
Apres avoir tente de se decoincer tout seul le chauffeur jette l’eponge et les autres conducteurs viennent l’aider avec un cable et une autre jeep.
Bref tout ca prend bien une demie heure, ensuite tous les passagers des 4/4 preferent traverser le torrent a pied plutot qu’en 4/4, parce que le precipice n’est pas loin. Un Tadjik m’aide a traverser en faisant un superbe lancer de nain de jardin, j’atteris sans encombre de l’autre cote. Ensuite il y a une pelleteuse ou je ne sais pas quoi qui sort de je ne sais ou et qui va ratisser la route, de maniere a ce que les jeeps puissent passer. Tout ca a la lumiere des phares car il fait nuit noire. Je pensais qu’on allait rester coincer ici une bonne partie de la nuit mais finalement en une heure c’etait termine.
Bref apres 17h de trajet quelque peu ereintantes j’arrive a Khorog, sous les coups de 2h du matin. 
Je suis un zombie nain en kit, car comme j’ai voulu faire des economies j’ai pris la place la moins cher de la jeep, celle de tout derriere, ou il n’y a pas d’espace meme pour un nain de jardin comme moi et ou ca remue le plus. Mais bon je n’ai pas ete malade alors je peux m’estimer heureuse! Apres une bonne douche je me roule en boule dans ma couverture et m’endors en 30 sec chrono.
Ca y est, je suis dans le Pamir! Depuis Khorog je vais visiter plusieurs vallees voisines. 
La premiere c’est la vallee de Geisev. Je vous passe les details techniques, pour y aller c’est la croix et la baniere, mais j’arrive au depart du sentier au bout de plusieurs heures de stop. 
Petit rappel: le stop n’est pas gratuit en asie centrale, il faut toujours donner quelque chose, a forciori dans le pamir ou l’essence est hors de prix. Et bien sur il faut toujours negocier la course avant, pour eviter les mauvaises surprises.  Mais ceci dit on peut aussi avoir de tres bonnes surprises: il n’y a pas tres longtemps j’etais en ouzbekistan dans un coin paume, j’ai fait du stop sur une bonne centaine de km dans un mini bus avec des locaux. Et a la fin non seulement le mec n’a pas voulu de mon argent mais en plus de ca il m’a paye le taxi pour rejoindre la ville la plus proche pour prendre le bus, car lui n’allait pas jusque la bas! Il y a vraiment des gens adorables parfois. Mais attention ce mec n’etait pas ouzbek, il etait kazak. Je pense pas qu’un ouzbek aurai fait ca, je les ai trouve super rapias, mais bon c’est mon experience personnelle.
Bref la voiture me largue au depart du sentier, je monte quelques heures jusqu’au mini village (une dizaine de maisons) de Geisev. 
La haut je retrouve Chris, Laurie et Monica. Pas par hasard quand meme, je savais qu’ils etaient la, c’est le mec de l’auberge qui me la dit. Je passe la nuit la bas, le lendemain matin je continue a monter jusqu’a la fin de la vallee puis je redescend le meme jour.
Les paysages etaient sympa mais sans plus. Ce qui etait surtout super c’est de rencontrer des tadjiks qui vivent la et de voir un peu leur mode de vie. 
J’ai dormi pour la premiere fois dans une maison pamirie. Qu’est ce qu’elles sont belles ces maisons! 
La huneuni chid (maison pamirie) traditionnelle s’organise autour d’une vaste piece dotee de 5 piliers et de parties surelevees , bordant les 4 cote d’une fosse centrale, avec egalement un petit espace a vivre, une cuisine et une entree. La piece compte peu de fenetres, voire aucune: la lumiere provient uniquement d’une lucarne dans le toit (tsorkhona), qui se compose de quatre carreaux concentriques representant les 4 elements (terre, feu, air et eau). De grands tapis sont poses sur le sol ainsi que contre les murs. Au milieu de la fosse centrale il y a un poele, qui sert a cuisiner et a chauffer la maison. Au niveau de la decoration il y a souvent des photos des anciens, parents, grand-parents decedes. 
Il y a aussi obligatoirement un portrait de l’Aga Khan. Qui est il? Tout d’abord il faut savoir que les pamiris sont ismaeliens. L’ismaelisme est une branche minoritaire de l’islam chiite qui n’utilise pas les mosquees mais des salles de reunion polyvalentes, denommees jamoat khanat. Il me semblent qu’ils n’ont qu’une seule priere par jour, le soir, contre 5 pour l’islam. Pour l’appel a la priere, ce sont des femmes qui chantent dans le micro, telles des sirenes. Inimaginable pour le reste de l’islam, ou ce sont des muezlins hommes qui font l’appel a la priere 5 fois par jour. Chaque village compte un chef religieux appelle khalifa, qui dirige les prieres et dispense ses conseils, parfois meme sur le plan medical. 
Bref le chef spirituel des ismaeliens porte le titre de Aga Khan et il est venere dans toutes les chaumieres du pamir car l’intervention du dernier Aga Khan a preserve la region d’une famine certaine ces 15 dernieres annees.
Le soir je vais me laver dans la riviere, on reprend les bonnes vielles habitudes. Plus tard une grand-mere du village m’invite dans sa maison et m’offre du pain avec du yaourt maison. Je ne peux pas refuser le yaourt bien sur, je la vexerai. En mangeant le yaourt je me demande combien de temps il est reste dehors avec les mouches qui tournent autour et au bout de combien d’heures je vais etre malade. Les paris sont lances.
Je prends conge d’elle en lui donnant un peu d’argent, car ca ne se fait pas de se barrer comme ca sans rien donner. Au depart elle refuse mais comme j’insiste elle fini par accepter. C’est le systeme de taroof, formule de politesse qui veut qu’on refuse plusieurs fois avant d’accepter de l’argent, ca ne se fait pas d’accepter direct.
Le lendemain matin je prends le chemin du retour. Avant de partir la mémé m’offre du pain qu’elle vient de faire cuire dans le four traditionel. Je sors un peu d’argent mais cette fois ci elle dit non non non alors ma fois j’ai pas insiste plus que ca. C’est un peu chiant des fois leur systeme taroof, je sais plus sur quel pied danser parfois.
Je redescends jusqu’au pont mais 300m avant ce dernier je vois une voiture au loin qui s’amene. Avec une voiture qui passe en moyenne toutes les 3 ou 4h je vous prie de croire que celle-ci je vais pas la laisser passer!! Je me mets a courir comme une deratee poursuivie par un lion. La voiture arrive dans un nuage de poussiere, je fais de grands signes depuis l’autre cote de la rive en priant que le conducteur me voit. La voiture depasse le pont et continue sa route. J’arrive sur le pont a l’agonie, on dirai que j’ai un poumon en moins tellement je suis essoufflee. Il faut dire qu’ici on est un peu en altitude et je viens d’arriver, alors mon corps n’est pas encore habitue au manque d’oxygene (meme si c’est minime, on est pas au sommet de l’Everest non plus). La voiture continue en trombe, je me mets a courir sur le pont, ce qui est une tres mauvaise idee car ce dernier se met a tanguer comme sur un manege. Manquerai plus que je tombe dans la riviere tiens! Bref j’arrive de l’autre cote du pont avec la vision de la voiture qui s’eloigne comme un mirage. Mais soudain le conducteur pile et fait une marche arriere!! Hourraahh! Il a du me voir dans le retro! Heureusement car franchement je me voyais pas secher ici en plein cagnard pendant des heures!
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Chris, Laurie, Monica et moi a Dushambe.
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Le pont, depart du sentier pour monter dans la vallee de Geisev.
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On m’a invite a boire le the, les pamiris sont tres hospitaliers.
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En montant vers le village de Geisev.
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Maison traditionelle Pamirie.
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Four a pain.
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Ils mettent le pain contre le four pour le faire cuire.
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Village de Geisev.
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Mes co-voitureurs a l’aller.
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Sur le pont.
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Maison traditionelle pamirie.
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Juste apres le pont.
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