Kolkata.

Après avoir passe trois superbes mais difficiles semaines au Bangladesh, je pars pour l’Inde! Pour ça je prends un bus de nuit depuis Dhaka, 14h de trajet environ jusqu’à Kolkata.
A Dhaka, à l’arrêt du bus un employé de la compagnie me dit que le bus qui vient d’arriver est le mien, mais il a mal regardé mon ticket. J’ai payé pour le bus sans l’air conditionné, un peu pourri (mais le moins chers!) et lui il me dit de monter dans le super bus avec AC, bien mieux que l’autre… Moi je m’en rends pas compte et plus tard en vérifiant mon billet car un passager voulait s’asseoir à ma place, ils se sont rendus compte que j’étais dans le mauvais bus! Heureusement il restait une place dans celui-ci, donc j’ai pu rester dans le super bus, soit une économie de 500 takas!
Dans le bus comme d’hab tout le monde me regarde comme si j’étais une extraterrestre. Je suis la seule étrangère dans le véhicule et d’ailleurs je serai la seule aussi à la frontière avec l’inde, je n’ai croisé aucun autre étrangers. Le trajet se passe bien, je me pèle toute la nuit mais à mon réveil je me rends compte que quelqu’un a mis une couverture sur moi… La gentillesse des Bangladais est encore une fois passée par là! Le passage à la frontière est assez bien organisé, on me fait passer devant tout le monde, alors que je n’ai rien demandé, ça m’évite je ne sais pas combien de temps de queue.
Quelques heures plus tard on arrive enfin à Kolkata (auparavant orthographiée Calcutta). C’est la deuxième plus grande ville d’Inde, avec presque 15 millions d’habitants, et une image qui évoque la misère suprême. Je n’avais pas l’intention d’y aller, mais depuis le Bangladesh c’ est le chemin le plus pratique de rejoindre l’inde.
L’Inde! M’y voici enfin! Franchement je m’attends au pire. Tout les gens que j’ai rencontré et qui y sont allés m’ont dit que l’Inde, « ça se digère ». C’est-à-dire que c’est tellement difficile d’y voyager qu’on l’apprécie une fois qu’on est rentré chez-soi, avec l’esprit et le corps reposés. Apparemment les touristes se font harceler à longueur de journée par les mendiants et les rabatteurs de tous genre. On m’a prévenu: le sport national en Inde, ce n’est pas le cricket mais plutôt le roulage dans la farine des touristes. Tout le monde s’y met. On m’a dit de ne surtout pas faire confiance aux gens qui viennent me voir spontanément de la rue, de partir du principe que tous les indiens par défaut ne sont pas fiables, qu’ ils ne cherchent qu’à se faire de l’argent sur le dos des touristes. Apparemment pour acheter les tickets de trains c’est le parcours du combattant…
Bref c’est avec cette image là de l’inde que je débarque à Kolkata… Ça promet! Pour commencer de bon pied trente seconde après être sortie du bus je me jette sur un nan, le pain indien super bon. C’est un peu ma drogue, au Népal j’en ai bouffé je ne sais pas combien alors en inde, je vous raconte pas le massacre!! C’est avec la bouche pleine à craquer de mon nan et mes gros sacs à dos, qui semblent peser de plus en plus lourd (mais qu’est ce que je mets là dedans pour que ça pèse un âne mort comme ça!?), que je débarque à Sudder Street, la rue où bon nombre de routards se retrouvent, pour loger dans des hôtels bon marché.
Je tombe sur l’hôtel Maria qui propose un dortoir à 100 roupies, soit 1,30 euros! Bon c’est très précaire, il faut éviter de marcher pieds nus certes, mais moi je m’en fous il me faut juste un lit avec un toit sur ma tête. Et puis il faut que je fasse des économies, car pendant ma première année j’ai trop dépensé d’argent alors il faut que je me serre la ceinture maintenant! J’ai presque rien dépensé au Bangladesh, donc il faut que je continue comme ça, c’est parfait! L’après-midi je ne vais rien faire, si ce n’ est la loque dans mon lit pour récupérer.
Le lendemain matin, lever matinal. J’ai une mission de la plus haute importance: réserver mes billets de train. Apparemment c’est une mission quasi suicide donc il autant que je commence tôt! Pour me rendre à l’endroit où il faut acheter les billets je vais marcher quarante-cinq minutes. Le premier truc qui choque c’est le nombre de gens qui dorment sur les trottoirs. Ce n’est pas juste des sdf, ce sont surtout des familles entières qui vivent sur le trottoir; elles dorment, cuisinent, se lavent sur le trottoir. Et il y en a des centaines, tous les trois mètres il y a une famille qui se réveille, qui plie son campement en attendant de le remonter le soir suivant, au même endroit.
Les gens font leur toilette dans la rue, à l’aide de fontaines complètement déglinguées. Ils ne se mettent pas à poils bien sûr, ils prennent leur douche avec une espèce de serviette sur eux, surtout les femmes. En dépit de cette extrême pauvreté je ne me sens pas du tout en insécurité. Je dois presque enjamber les gens pour marcher sur le trottoir mais à aucun moment ils ne vont me harceler pour une pièce, à quelques rares exceptions près. C’est pas que je ne veux pas donner, mais si j’en donne à un il y en a une dizaine qui arrive dans la minute… Apparemment il vaut mieux s’abstenir de donner de l’argent directement aux gens, il vaut mieux donner aux associations.
Bref pendant les quatre jours où je suis à Kolkata, je vais me promener dans des quartiers très pauvres, toute seule, mais à aucun moment je ne me fait importuner. Donc bon déjà pour ça Kolkata c’est pas ce qu’on peut s’imaginer! Après c’est sûr il suffit de ne pas avoir de chance, mais ça peut très bien se passer en France aussi. Et puis bon je suis pas allée dans les bidonvilles non plus.
J’arrive à l’endroit où il faut acheter les billets de train. La veille j’avais fait un repérage sur internet sur les trains que je voulais prendre. J’ai de la chance car la catégorie que je veux, la sleeper, n’est pas pleine dans les trois trains que je vais prendre. Sinon, c’est la liste d’attente assurée! Un truc complètement hallucinant pour moi française: il y a une file d’ attente complètement réservée aux femmes!! Oui oui , pas juste aux femmes enceintes, aux femmes tout court! Vous imaginez ça en France!? Dans le métro aussi, il y a un endroit dans chaque rame réservé aux femmes, et alors le premiers mec qui s’incruste il se fait jeter comme une merde, d’ailleurs c’est simple ils n’osent même pas! Donc du coup je me mets en première position dans la file d’attente spéciale femme, en doublant tous les mecs. Je sens que je vais bien aimer ce pays moi! Je remplie trois feuilles avec les détails de mon train que j’ai relevé la veille, et trois minutes plus tard j’ai mes billets.
Heuuu c’est ça la galère légendaire pour acheter des billets de train en inde!? Bon je pense que ça va pas continuer comme ça, si tout le monde galère y a pas de raison que je ne galère pas! Toujours est-il que pour trois trajets en train, une trentaine d’heures en tout, j’ai payé… 7 euros!!! Bon c’est pas la première classe mais normalement j’ai une banquette pour moi toute seule pour m’allonger si j’ai bien tout compris.
Après les billets je vais me balader le long de la Hoogly river, aux Mullik et Armenian Ghat. Les ghats ce sont des marches ou des escaliers qui descendent dans une rivière. Les plus connus sont ceux qui se trouvent au bord du Gange, à Varanasi, mais il y en a un peu de partout. C’est sur les ghats que les indiens vaquent à leurs activités quotidiennes. Ils se lavent, font leurs lessives, leurs prières, leurs cérémonies…  Bref c’est vraiment un spectacle à part entière. Je me dis qu’il faudrait me payer cher pour mettre ne serait ce que mon doigt de pied dans cette eau mega polluée où flottent les excréments et déchets, et eux ils s’immergent complètement! Puis je vais traverser le fameux Howrah Bridge. Construit pendant la seconde guerre mondiale et long de 705m, ce géant absorbe chaque jour des millions de voiture, bus, camions, piétons et autres carrioles. Il est officiellement interdis de prendre des photos du pont pour des raisons militaires. J’en prends quand même quelques unes avant de me faire jeter comme un poisson pourri par un gardien du pont.
Je passe par le marché aux fleurs du Mullik Ghat, puis je traverse le pont pour rejoindre la gare de Howrah, d’où je vais prendre mon train quelques jours plus tard.  Je rentre à l’auberge à pieds, ça fait une sacrée trotte, mes pieds me font un mal de chien, j’ai l’impression d’être repartie en trek!!
Le lendemain je prends le métro pour aller vers le sud de la ville. Pas possible de se tromper, il n’y a qu’une seule ligne. Bon moi bien sur je me trompe de sens! Je débarque dans le quartier de Kalighat, pour visiter le temple de Kali, le lieu le plus saint de Kolkata pour les hindous, et qui est sans doute à l’origine du nom de la ville. La ferveur religieuse s’émane du temple, où des files de pèlerins serpentent le long des murs du temple. Ils veulent tous entrer dans la salle principale du temple pour lancer des fleurs à une statue de Kali à trois yeux. Dans un recoin du temple il y a un endroit où des chèvres sont sacrifiées pour honorer la déesse. J’arrive après le carnage, mais ça ne m’empêche pas de marcher dans une flaque de sang toute fraîche arrrggghh heureusement que j’ai mes chaussettes! Plein de gens marchent pieds nus dans le sang mais ça n’a pas l’air de les déranger… Bref!
Après le temple je vais voir le Shanagar Burning Ghat, qui compte plein de monuments impressionnants en l’honneur des célébrités qui furent incinérés à cet endroit.
Puis je me ballade dans le quartier, qui est jalonné de fabricants d’effigies de divinités; ce sont des statues géantes qui sont immergées rituellement dans les eaux de la rivière Hooghly à l’occasion des pujas, c’est-à-dire des offrandes et prières, dans cette dernière. Ensuite je vais me balader dans les dédales de l’ancien Chinatown. Il y a des centaines de ruelles qui renferment le spectacle unique des habitants de la ville de Kolkata. Des enfants jouent au criquet dans la rue qui ne fait que deux mètres de large; les commerçant cuisinent à côté des déchets et des restes de la chèvre qui vient de se faire trucider; les gens se lavent avec une petite fontaine, des chiens sur les toits essaient d’attraper des pigeons; les ateliers de cordonniers, de fabricants d’habits, de mécanique et autre se suivent dans un brouhaha incessant, avec des dizaines de personnes dans la même pièce qui ne fait que quelques mètres carrés
Ensuite je vais au Victoria Mémorial. Sur le chemin je rencontre Laura, une allemande qui fait du volontariat avec les lépreux dans le sud de l’ inde.
Du coup je lui pose plein de questions car ça me dirai bien peut-être de faire un truc comme ça à la fin de mon voyage. Enfin je verrai!  Le Victoria Mémorial est un grand monument de marbre blanc qui a été conçu pour commémorer le jubilé de diamant de la reine Victoria, en 1901. Le bâtiment ne fut achevé que vingt ans après sa mort. Bon moi je trouve que ça ne coupe pas trois pattes à un canard, mais l’architecture/musée c’est pas vraiment mon truc.
Puis avec Laura on reprend le métro, direction le quartier de Kumartuli, lui aussi célèbre pour ses fabricants de statues géantes. Ensuite on va prendre le ferry pour revenir près du pont de Howrah.
Puis pour rentrer à l’auberge ça va être assez folklorique: il y a des dizaines et des dizaines de bus qui vont dans tous les sens, dans un concert de klaxon. Lequel prendre? Je regarde dans mon Lonely Planet le nom d’une grosse rue prés de mon auberge, je crie le nom à tous les contrôleurs des bus… Impossible d’en trouver un lorsque soudain un mec me dit oui!!
Je me mets alors à courir derrière le bus comme une dératée, car les bus ne s’arrête presque pas pour faire monter les passagers, il faut lui courir à côté et se jeter dedans dès qu’on peut! J’atterris dans le bus comme je peux en manquant de quelques cm une barre en fer. Ouf j’y suis arrivée! Enfin, pas complètement, car le mec me dit qu’il ne s’arrête pas exactement où je veux aller. Arrgh je vais quand même pas me paumer dans Kolkata quand même! Heureusement un passager vole à mon secours et il me dit quand descendre pour être le plus prés de ma rue. C’ est fou le nombre de gens qui m’aident, dans la rue ou les transports en public. Pour l’instant on est bien loin de tout ce qu’on m’a dit à propos des indiens, comme quoi ils n’aidaient pas les touristes à moins d’être payés.
Moi pour l’instant je ne suis tombée que sur des gens sympas sans arrière pensée, un peu comme les Bangladais. Mais bon tout ça c’est peut être propre à Kolkata, et qui sais dans quelques jours je vais sans doute m’arracher les cheveux à cause des indiens qui me prennent pour une truffe et qui me font tourner en bourrique!!
Le lendemain avec Laura on part visiter une mosquée. Je n’aurai jamais cru pouvoir rentrer dans une mosquée, en Indonésie et au Bangladesh il me semble bien que c’était interdit aux femmes.
En tout cas si je pouvais y entrer ça aurai été juste pour prier, et pas pour visiter! Et comme je ne suis pas vraiment de ce bord là… Et bien dans cette mosquée c’est le muezzlin lui même qui nous fait visiter sa mosquée! Le muezzlin c’est le mec qui fait l’appel à la prière cinq fois par jour, du haut de son minaret, à l’aide d’un mégaphone. Bref c’est le mec qui me réveille tous les matins à 4h45, en dépit de mes boules quies profondément enfoncées dans mes oreilles! Il est super sympa, avec Laura on se demande si ça cache pas quelque chose… Je me dis s’il tente quelque chose en haut du minaret, on est prises au piège comme des rats! Bon on psychote pour rien, en fait il est très correct, il fait des photos de nous comme tous les gens de là bas mais c’est tout. Ha oui parce qu’en Asie dans de nombreux pays comme l’Inde ou le Bangladesh ou l’Indonésie -en fait dans tous les pays d’Asie que j’ai fait jusqu’à présent- les locaux prennent en photo les touristes blancs dans la rue, ils nous demandent de prendre la pose avec eux. Moi ça m’énerve un peu je refuse, sauf quand je demande d’abord à ce qu’on me prenne en photo ou bien dans ce cas là, avec le muezzlin qui nous fait visiter sa mosquée sans nous demander des sous ou quoique se soit d’autre. La mosquée est magnifique, la vue depuis le minaret est spectaculaire!
Voilou. Kolkata ça m a bien plu, j’ai été agréablement surprise pour ce premier contact avec l’Inde. Espérons que ça continue!
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Un des ghat pres du Howrah Bridge.
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 Howrah train station.
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 Le marche au fleur.
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 Une procession dans la rue.
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 Des habitants de Kolkata qui se lavent dans la rue.
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 Dans les rues de l ancien chinatown.
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 Les monuments en memoire de gens riches qui se sont fait incinerer.
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 Le temple de Kali.
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 L endroit dans le temple ou les chevres se font sacrifier.
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 Une des maisons ou Mere Theresa accueillait les mourants.
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 Un sculpteur de statues geantes.
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 Le victoria memorial.
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 Sur le ferry.
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 La mosquee.
 Video tournee en haut du minaret.
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 Laura et le muezzlin.
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